Charlotte M, du bac L au métier d'attaché de presse

Guid'Formation | 20.04.2016 à 12h52 Mis à jour le 20.04.2016 à 17h13
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Charlotte M., ancienne bachelière L, a suivi un parcours littéraire avant de se tourner vers l’édition. Aujourd’hui elle est attachée de presse dans l'une des plus importantes maisons d'édition généraliste.

Guid’Formation : Aviez-vous un projet professionnel bien défini à la fin du lycée ?
C. M. : Non, j’étais un peu perdue ! J’étais en  terminale littéraire, option art plastique. Je lisais déjà beaucoup à l’époque, mais je ne connaissais pas vraiment les métiers liés au livre. À la fin du lycée, j’hésitais entre un cursus littéraire et artistique. J’ai entendu parler de la classe prépa grâce à des amis, c’est dire si j’étais peu informée !


« Ces deux années de prépa ont été difficiles, mais les enseignements étaient passionnants. »

Guid’Formation : Quelle formation supérieure avez-vous suivie ?
C. M. : J’ai donc décidé d’intégrer une classe prépa littéraire, option lettres modernes. Cela me permettait de « gagner du temps », de rester dans une filière généraliste, de suivre une formation exigeante et, bien sûr, d’être encadrée. Ces deux années de prépa ont été difficiles, mais les enseignements étaient passionnants. J’ai choisi une prépa de proximité, dans le Périgord, afin de ne pas subir trop de pression, comme c’est le cas dans certaines prépas parisiennes. Ce lycée me semblait plus accessible. Intégrer l’ENS n’était pas mon objectif, je considérais la prépa comme un tremplin pour intégrer une école ou pour rejoindre l’université.
À la fin de la Khâgne, j’ai passé plusieurs concours, dont celui du CELSA, mais j’étais encore loin de savoir quel métier je voulais exercer ! Malheureusement je n’ai pas été admise, parce que je n’avais pas suffisamment d’expérience dans le domaine de la communication.
Je suis ensuite partie à Londres. J’avais envie de peaufiner mon anglais, de faire des rencontres et de me rapprocher de secteurs qui me plaisaient. Et ça a marché puisque j’ai travaillé à la London Review Bookshop, une librairie liée à un magazine littéraire. J’ai pu découvrir l’univers de la librairie et rencontrer des éditeurs. Cette expérience m’a permis de réaliser que je voulais travailler dans une maison d’édition. Mais je ne savais pas encore à quel poste !
Je me suis donc inscrite en L3 de Lettres Modernes Appliquées option édition à l’université Paris IV-Sorbonne. J’ai effectué cette année-là mon premier stage dans une petite maison qui venait de se créer. Je faisais donc mes armes en même temps que ses créateurs… On a découvert le métier ensemble en quelque sorte. Une fois ma licence en poche, j’ai poursuivi ma formation en Master 1 LMA. J’ai postulé pour un stage au service communication chez Actes Sud, car j’aimais beaucoup cette maison. Je voulais aussi travailler dans une grande structure. Je m’y suis beaucoup plu ! L’équipe était très sympa et j’ai travaillé sur de beaux projets. J’ai ensuite intégré le Master 2 de Politiques Éditoriales de l’université Paris XIII-Villetaneuse.

Guid’Formation : Quand avez-vous décidé de devenir attachée de presse ? Et comment avez-vous intégré le service communication d’Actes Sud ?
C. M. : Je ne l’ai jamais vraiment décidé. J’avais déjà trouvé mon stage de fin d’études quand Actes Sud m’a rappelée pour me proposer un poste d’assistante attachée de presse. Et j’ai accepté !

Guid’Formation : Pouvez-vous nous parler de votre travail ? Comment s’organise une journée type ?
C. M. : J’ai un double statut. Je suis à la fois assistante et attachée de presse. Chez Actes Sud, chaque attachée de presse s’occupe d’un ou plusieurs domaines.
Personnellement, je m’occupe des ouvrages de musique, de photographie et de cinéma. Mon travail consiste à faire le lien entre l’œuvre d’un auteur et son lectorat par l’intermédiaire des médias. Mon but en tant qu’attachée de presse est de donner le maximum de visibilité au livre.
En amont de chaque projet, on se demande quel est son enjeu, quelle public il vise, quel type de média il faut cibler, etc. Je sélectionne ensuite les journalistes susceptibles d’être intéressés, je leur en parle, et si le sujet les accroche, je leur envoie un exemplaire de l’ouvrage afin qu’ils en fassent la promotion. Il faut être persévérant, parce qu’on doit sans cesse les relancer ! Il faut également bien connaître le monde des médias, et donc se montrer curieux et éplucher au quotidien la presse.  
 
Guid’Formation : Comment s’organise une journée type ?
C. M. : Il n’y a pas vraiment de journée type ! Je travaille sur plein de projets en même temps. Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est qu’il fonctionne dans les deux sens. Les journalistes aussi prennent contact avec nous. On les met en relation avec les auteurs, par exemple. Je peux également avoir des rendez-vous avec un journaliste, pour discuter d’un projet, je fais des points avec un auteur, je recherche de nouveaux médias…
 
« Dans mon service, la plupart des attachées de presse ont suivi un cursus littéraire à l’université et ont appris le métier "sur le tas". »

Guid’Formation : Pensez-vous qu’il soit préférable de passer par une école de communication pour être attaché de presse dans une maison d’édition ?
C. M. : Non, je ne pense pas. Le principal, il me semble, est d’aimer les livres. Dans mon service, la plupart des attachées de presse ont suivi un cursus littéraire à l’université et ont appris le métier « sur le tas ». Il est très important d’avoir une sensibilité littéraire et de pouvoir analyser les livres au moment de leur lecture. Passer par une cursus littéraire est donc très formateur !
 
Guid’Formation : Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans ce métier ?
C. M. : Comme je l’ai dit, il faut être curieux, aimer apprendre de nouvelles choses, aimer lire et aimer parler des livres, bien sûr ! Plus concrètement, il ne faut pas avoir peur de solliciter les gens. Les qualités relationnelles sont très importantes dans ce métier. Il faut savoir créer des liens forts avec les journalistes. Je pense qu’avoir de l’imagination est aussi primordial quand on veut monter des projets. Enfin, être organisé et avoir la tête sur les épaules : on travaille sur plein de projets en même temps et on jongle sans cesse avec le calendrier !
 
Guid’Formation : Quels sont vos projets à présent ?
C. M. : Étant donné que je suis en poste depuis peu de temps, je souhaite m’épanouir dans mon métier, mener de mieux en mieux mes projets. C’est avec l’expérience qu’on apprend !

Propos recueillis par Victoria Trottin, octobre 2015.