Hypokhâgne/Khâgne : La prépa littéraire après un Bac L

Guid'Formation | 05.10.2016 à 14h51 Mis à jour le 05.10.2016 à 14h51
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Bon nombre de personnes utilisent ces termes mais très peu d’entre elles savent exactement ce que cela veut signifier. Hypokhâgne désigne la première année de classe préparatoire aux grandes écoles littéraires et Khâgne fait référence à la deuxième année de cette formation.

Ils sont près de 7% chaque année à emprunter cette voie. Des courageux qui n’ont qu’un seul but : intégrer les prestigieuses écoles normales supérieures (ENS).

La première année de prépa : Hypokhâgne

L’admission en classe préparatoire littéraire se fait sur dossier étudié par l’établissement auquel nos bacheliers vont postuler. Il faut qu’il soit relativement solide au vue de la concurrence et de l’exigence de certaines prépas.

Il existe deux types d’Hypokhâgnes :
  • Hypokhâgne A/L : Lettres et Arts, Sciences Humaines ou Langues Vivantes ;
  • Hypokhâgne B/L : Lettres et Sciences Sociales.

La spécialité choisie influera seulement sur un enseignement en option dans tout l’emploi du temps. Le reste sera un tronc commun d’environ 25h par semaine, complété par un travail personnel rigoureux et indispensable à la réussite de l’étudiant.

Les matières littéraires y seront beaucoup plus développées et plus approfondies qu’au lycée : français, philosophie, histoire, géographie, langue et culture de l’antiquité, langues… Autre atout indispensable pour étudier : la curiosité ! Il est important, voire capital de posséder une curiosité intellectuelle, le goût des mots, des idées ou des livres pour se sentir à l’aise.

C’est lors de cette première année que les étudiants vont découvrir les fameuses interrogations orales typiques des prépas : les colles ! Attention à bien apprendre vos cours au fur et à mesure pour ne pas vous retrouver en difficulté lors de cet exercice.

La deuxième année de prépa : Khâgne

Une fois la première année franchie, c’est la deuxième étape qui attend nos bacheliers littéraires. Et la motivation doit être à son maximum car c’est une année charnière que vont affronter les khâgneux !

La deuxième année va se décliner sous deux formes :
  • La voie « classique » (AL) qui prépare au concours de l’ENS Ulm et qui va insister sur les langues anciennes ;
  • La voie « moderne » aussi appelée Khâgne LSH qui se concentrera sur les humanités modernes, à savoir la géographie et les langues vivantes.

Les enseignements seront donc dans la lignée de ce qui a pu se faire en première année avec des matières telles que : français, histoire, philosophie, histoire contemporaine, culture de l’antiquité, histoire et théorie des arts, latin, géographie…

Post-prépa : des concours pour intégrer les grandes écoles… mais pas que

Une fois cette étape franchie, arrive les concours d’entrée en école qui sont préparés depuis maintenant deux ans.
Traditionnellement, les étudiants entrent en prépa littéraire pour viser l’entrée dans les Écoles Normales Supérieures. Au nombre de 4 (Paris-Saclay aussi appelée ENS Cachan, ULM, Lyon et Rennes) elles forment des chercheurs qui seront rémunérés par l’État durant leurs études. Cependant, la concurrence est féroce et il n’y a de la place que pour un très faible nombre de khâgneux.

Le deuxième débouché naturel se situe dans les cursus bi-licences à l’université. C’est la voie empruntée par près de la moitié des étudiants de prépas qui sont séduits par la pluralité des parcours proposés : management culturel, international, secteur public, il y en a pour tous les goûts.

Autre possibilité, avoir recours à la BEL (Banques d’Épreuves littéraires). Le principe est simple : lors du concours d’entrée aux ENS, les étudiants choisissent un certain nombre d’écoles et si leurs résultats sont jugés satisfaisants, ils pourront se présenter directement à l’oral d’admission dans ces établissements. Ces derniers sont intéressés par le profil des littéraires khâgneux : forte culture générale, qualité d’expression et grande capacité de travail. Les établissements suivants sont inclus dans ce processus :
  • Écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESC…) ;
  • IEP d’Aix-en-Provence, de Lille et de Lyon ;
  • CELSA ;
  • École Nationale des Chartes ;
  • Écoles de traduction et interprétariat (ISIT, ESIT) ;
  • Université Paris-Dauphine.

Enfin, presque un quart des étudiants décident d’effectuer une troisième année de prépa. Le but ? Maximiser ses chances de réussir le concours d’entrée en ENS ou bien avoir accès à des concours supplémentaires pour des écoles qui recrutent au niveau master (Sciences Po Paris, IEP, écoles de journalisme…).

Trucs et astuces pour réussir sa prépa littéraire

Pour résumer, il est essentiel de se renseigner sur le contenu d’une prépa littéraire avant d’y accéder. Cela servira à vérifier que votre profil est en adéquation avec les attentes d’hypokhâgne. Afin de résister à la pression que cette année pourra engendrer chez certains, voici nos conseils :
  • Ne pas hésiter à aller consulter les professeurs pour toute question ou interrogation. Il ne faut pas rester dans l’ignorance et la discussion avec un membre du corps enseignant sera toujours bénéfique ;
  • Travailler en groupe ! Même si tous les étudiants sont en concurrence, chacun avancera plus rapidement grâce à l’entraide et les conseils de ses camarades ;
  • Malgré l’important rythme de travail, il est capital de se dégager du temps de repos ! Sortir le week-end, aller voir des expos, aller au cinéma, voir ses amis… Il ne faut pas se couper du monde et dégager du temps pour soi ;
  • Ne jamais se décourager en cas de mauvaises notes ou de résultats moyens. Les professeurs sont volontairement exigeants du fait des concours. Vous aurez tout le temps, en deux ans, de vous perfectionner et de progresser.
  • S’intéresser très tôt à votre orientation. Comme vu précédemment, il existe de multiples possibilités en plus des incontournables ENS. Prendre le temps d’explorer l’ensemble de l’offre de formations donnera aux étudiants le gage de trouver une poursuite d’études qui leur correspond.